Mercredi découverte à la Tête à Toto

Publié le par Had

Eh oui!
Comme chaque semaine hier était l'instant choisi de la semaine pour casser les codes et briser le rythme. Un nouveau mercredi-découverte, le troisième du nom, m'a offert de tester un restaurant pas comme les autres. La tête à toto est une adresse qui faisait parler beaucoup d'elle sur la toile, en particulier concernant une carte des desserts astronomique. Nous n'en étions pas là avec Gondinette lorsque nous nous sommes retrouvés pour un kir-apéro à Nation.
Les règles de notre rendez-vous hebdomadaire ont quelque peu évolué puisque ce soir deux amies à elle nous accompagnent. C'est donc tel Charlie, entouré de trois Drôles de Dames, que je les emmène au 270 rue du Faubourg Saint Antoine, juste à côté de la station Nation.
Je dois bien avouer que dans ma recherche d'endroits atypiques, le concept même de La tête à toto m'a très vite séduit tant il était évident et intime pour nous tous. Tous, nous avons été en classe dans une école primaire qui aujourd'hui nous semble vieillote et rikiki, c'est exactement ce thème de déco qui fait de la Tête à Toto un restaurant duquel on saute en arrière dans le temps, d'un bond de presque vingt ans vers le passé.
Les tables sont des pupitres, les porte-manteaux s'alignent sur le mur du fond, portant chacun un nom sur une étiquette encadrée, le menu vous arrive sur une feuille à grands carreaux et écrit d'une police manuelle et enfantine. Non pas que le dépaysement soit total - ce que pour un peu j'ai regretté - mais l'essentiels des codes de l'école telle que chacun de nous l'a vécue nous emporte malgré tout. Seraient-ce les grandes cartes de géographie pendues au mur ou les allures de proviseur que prend sollenellement le serveur pour nous offrir des bon points en bonbons? Qu'importe car tôt ou tard lors du dîner vient naturellement le thème des plus fous souvenirs d'école.

Parmis eux il y a les bons, comme cette école de cirque dans le préau à laquelle nous allions tous les mercredis après-midi entre copains ou bien les éperviers enflammés dans la cour de l'école vribrant au son de nos cris égaillés. Et, bien évidemment, il y a tous ces moments plus durs qui laissent des traces indélébiles dans nos mémoires: les punitions parfois sévères, les premiers chagrins de coeur, les humiliation ou les punitions à la cantine... bref, la liste pourraît certainement être beaucoup plus longue.
Au fil du discours, à mesure que peu à peu je découvrai les deux nouvelles adeptes du rendez-vous hebdomadaire des curieux de Paname, j'ai réalisé combien - malgré les pires peines ou les plus durs instants - nous parlions tous avec un béat sourire de ces expériences de gosse qui façonèrent les adultes que nous sommes devenus.
Revenons pour un temps à notre assiète car je sens bien que je m'égare. Niveau papillaire, la qualité est au rendez-vous dans ce resto-école. Point de nouilles au jus ni de bétraves rassurez-vous, la carte est pleine de plats certes classiques mais réalisés avec soin et brio. J'y a mangé un coeur de rumsteack sauce au poivre + gratin dauphinois, tous deux excellents. L'ambiance enfantine aidant, comme le vin, à délier les langues et favoriser le partage, l'ambiance de cette adresse était des plus charmante malgré un service parfois trop formel.
Quant aux desserts, je ne peux rien en dire et préfère vous laisser aussi le plaisir de voir leur "carte". A l'instant où l'on croit qu'arrive un menu traditionnel, le serveur vous amène sur la table deux plateaux remplis des douceurs du soir, toutes plus tentantes les unes que semblent appétissantes les autres - pour les amateurs de sucre et de sucré, évidemment.
Pour conclure sur La Tête à Toto, je n'y ai trouvé aucun zéro et y mettrait probablement même un bon point car cette adresse offre un retour forcé en enfance. Le moment est agréable en découverte, il permet de réaliser à quel point l'enfant de notre passé est toujours présent en nous.
 
Il ne fallait pas pour autant nous arrêter en si bon chemin. Malheureusement, et j'en porte l'entière responsabilité, le programme de la seconde partie de la soirée était un peu vague, pour ne pas dire qu'il n'était pas même envisagé. Alors, dans un élan de "et pourquoi pas?", parce que rien n'était prévu, nous avons décidé d'aller comme il se doit découvrir l'Imprévu de la rue Quincanpoix.
L'endroit a ce charme des cafés un peu destroy où les fauteuils dépareillés, usés par les clients et rapés par les ans vous tendent les bras. Les discutions reprennent et s'animent. Hélàs à deux heures le bar ferme et la réalité - pour un temps oubliée quelque part sur le troittoir de Paname - vient nous souffler, défiante, mesquine et cruelle.
Demain, la semaine continue et il est temps de mettre un terme à notre errance nocturne.
 
    Comme très souvent, je rentre à pied, réfléchis un peu au post que je rédigerai le lendemain, retrace les discutions de la soirée et tente de graver en moi ce souvenir d'une N-ième soirée parisienne, repense un peu aux deux nouvelles curieuses qui se sont jointes à la fête, réalise que ce trio de filles étranges et complexe me touche beaucoup, souris dans le froid des rues vides, arrive chez moi et m'endors heureux de découvrir Paris, ses bars, ses restos et ses habitants.
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Publié dans Découverte

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A
Super, j'avais déjà entendu parlé de ce resto bien original, mais n'ai jamais eu l'occasion de le tester : tu me donnes très envie d'y aller. Merci.<br /> Bises
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H
<br /> Le coeur de rumsteck sauce au poivre + gratin est une valeur sûre, les ravioles pas trop mal.<br /> Bisous & Bon appétit!<br /> <br /> <br />