Mercredi découverte - Ménilmontant

Publié le par Had

Quelle soirée étrange ai-je encore passé hier soir !

 

   Tout a commencé vers 19 heures à la station de Ménilmontant où Gondinette m’attendait pour un nouveau mercredi découverte. Comme simple information, glanée suite à l’interrogatoire en bonne et due forme avec mon acolyte, j’ai réussi à savoir qu’il s’agirait d’un one-man-show.

De ce que j’ai pu imaginer entre le métro et le lieu du spectacle, rien ne s’est avéré. Nous voilà bientôt devant le Café théâtre Popul’air au 36, rue Chevreau dans le 20°. A première vue, les tables dépareillées en terrasse et les chaises de jardin au plastique jauni laissent croire que l’endroit est un de ces café un peu roots que Paname affectionne autant que moi.
A l’intérieur, faisant face au zinc d’un autre siècle, un mur couvert de vieilles boites aux lettres défoncées dont les peintures multicolores en un temps sont ternies par le temps et écaillées par la rouille donne immédiatement le La de la soirée : aucune prise de tête ne semble permise dans ce havre culturel insoupçonnable.
Comme nous sommes en avance, le patron qui nous tutoie nous invite à boire un verre. Lorsqu’il nous annonce tout net que les consommations peuvent être apportées dans la salle de spectacle, intrigués mais inspirés, nous nous laissons tenter par la commande de deux pintes bien fraîche dont nous initions la dégustation en terrasse, assis au soleil autour d’une table bancale.

Bientôt, on nous invite à gagner la salle de spectacle qui justifie l’appellation « café-théâtre » de l’endroit. Comme sortie tout droit d’un théâtre pour enfant, la salle est minuscule et ne peut accepter qu’une poignée de spectateurs. Nous sommes serrés dans cette ambiance intime et pourtant, nous ne sommes pas tant à l’étroit. D’instinct, assis au premier rang à droite de Gondinette, alors que les planches s’arrêtent à nos pieds, je sais déjà que l’instant sera fun et qu’il nous faudra probablement participer.

Le spectacle, « Moi je dis ça je dis rien » promet lui aussi de bien rire. A peine ai-je le temps de me faire cette remarque, entre deux lapées de la bière entamée au soleil quelque instants plus tôt, que les lumières annoncent le début du spectacle et la pose de mon verre.

 

Pour rire, nous avons ri. Christophe Delort ne s’en cache pas : il est jeune humoriste et le traduit avec fraîcheur dans ses sketchs. Traitant de sujets d’actualité avec un œil lucide et enjoué, il a su me transporter dans son histoire à tiroirs qui relie un a un ses sketchs. Occupant à merveille la scène format dînette, jouant de brics et de brocs en guise d’équipement, très vite, il nous guide par la main vers son univers, tantôt très actuel, tantôt imaginaire.

Son style ressemble quelque peu à un Gad Elmalech, surfant tout à la fois sur la musique, l’humour ou bien le mime. Bien vite cependant, on oublie son aîné qu’il nous rappelle au début. L’étroitesse de la salle le permettant, il interagit allègrement avec son public, nous mariant très simplement à ses délires les plus fous.

Christophe Delort prend même des risques, attaque les enseignants avec bonne humeur, les prénoms originaux que les jeunes parents de ma génération affligent parfois à leurs enfants, il surfe avec humour sur les rapports de couple qu’il traite avec décalage et autodérision.


Un spectacle riche en petites blagues de la vie nous est donc proposé par
Christophe Delort. Il touche juste, avec ce qu’il faut d’insistance ou de frivolité, pour nous faire revivre avec un large sourire des situations que nous avons tous vécu d’une manière ou d’une autre. Le lieu du spectacle, cette salle minuscule rapproche le public et le pousse vers l’artiste – à moins que son acteur ne nous attire élégament à lui. La magie des planches opère et qu’importe leur dimension ou leur état. Une heure plus tard, on se rend compte qu’elle a filé bien vite et qu’on aurait aimé la voire durer encore. Nous retournons dans le bar improbable qui fait office d’entrée à la scène, discutons un brin avec l’artiste en nous promettant de revenir en ce lieu masqué aux yeux des peu curieux. L’intime nous a pris par la main et touché en plein cœur par son patron qui tutoie et Christophe Delort qui étonne. Notre bière est vide et c’est heureux que nous nous quittons, ma Gondinette te moi. Elle part pour un dîner tandis que je file à Montmartre récupérer chez Uma mes amis, une part de pizza, une bière et une partie de foot, tous trois simples prétextes à une soirée entre hommes.

 

Merci Gondinette pour cette découverte envoûtante, secrète, mignonne et intime. Que du bonheur au rendez-vous, je commence même (à demi-mot) à réellement aimer le 20° de Ménilmontant. Qui sait si un beau jour je ne m’y poserai pas pour avoir si proche des artistes naissants tels que la découverte d’hier.

Christophe Delort m’a donc convaincu, je vous invite à aller l’écouter, tous les mercredis au Café théâtre Popul’air, 36, rue Chevrau.

 

Plus d’informations sur Christophe Delort sur http://www.lemecdeladernierefois.fr/

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Publié dans Découverte

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C
Bonjour, je suis Christophe Delort et je viens de tomber par hasard sur votre article. Quel plaisir pour moi de constater que le spectacle vous a plu. Cela m'encourage! Je vous félicite pour votre écriture qui est fluide et attrayante. N'hésitez pas à me laisser une petite critique sur le site billet réduc: http://www.billetreduc.com/28389/evt.htm<br /> Cela me permettra de continuer à remplir cette jolie petite salle.<br /> Bravo et encore merci. Christophe
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H
<br /> Merci a toi pour le commentaire, je suis actuellement a Berlin mais j'ai poste' un commentaire sur billetreduc...<br /> J'active des liens directs depuis mon blog vers ton site dans la matinee.<br /> <br /> Bonne journee et bonne continuation<br /> <br /> Had<br /> <br /> <br />